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- Avril 2005
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Avril 2005

Chers amis,

Ouvrir ma correspondance par « Chers amis » pour accueillir la centaine de visiteurs quotidiens de ce site peut faire penser à une formule générale. Il y a certainement parmi vous des gens que je ne connais pas du tout ou que j’ai à peine croisé. Pourtant, j’ai bien l’ambition de reconnaître chacun d’entre vous, d’établir des filiations, d’identifier le réseau auquel vous appartenez. On croirait à une obsession du mec qui ne supporte pas que des informations lui échappent ? Une forme assez trouble du chanteur KGB ?
Cette tendance à l’enquête n’est pas née de rien. Figurez-vous que depuis environ un an et demi, j’aperçois au cours des concerts des gens qui connaissent les paroles de mes chansons ; le souci, c’est que je ne les connais pas : ni eux, ni leurs chansons !
Souvent, juste après le rappel, je fais le tour par les loges, j’emprunte les escaliers de service pour me retrouver avant tout le monde à la sortie de la salle afin de capter ces inconnus avant leur fuite.
« Hé dis donc, comment tu t’appelles toi bonhomme avec ta copine mignonne ? Comment cela se fait que tu connais mes chansons ? ». Aussitôt, comme pour se justifier, le bonhomme m’explique qu’il est là grâce à sa cousine qui connaît une institutrice d’Aubervilliers dont un parent d’élève écoute Le Tramway du bonheur en boucle depuis janvier 2003 après m’avoir rencontré dans une soirée où j’étais bourré….etc. Le plus souvent, je fais preuve d’indulgence et les laisse partir en leur précisant bien que c’est la dernière fois et que la prochaine fois, je ramène les mecs de ma cité !
Ce type de rapport nouveau n’est en effet pas toujours simple à gérer. Un jour, j’ai suivi une grosse femme jusqu’à son domicile. Paniquée, elle a appelé la garde afin de la secourir. J’ai dû expliquer à l’agent assermenté que je ne cherchais qu’à m’assurer de l’exactitude des informations concernant l’adresse de cette personne qui figurait dans notre fichier public depuis les concerts au Sentier des Halles, différents courriers nous ayant été retournés ces derniers mois. Après un simple contrôle d’identité, j’ai pu rejoindre ma banlieue.
Après quelques démêlés du même acabit, je suis parvenu à domestiquer mes pulsions enquêtrices.
Toutefois, je continue à vous appeler « chers amis » parce que « chers auditeurs », cela me donnerait l’impression de présenter le jeu des mille euros. Vous appeler « chers camarades » risque d’exclure ipso facto mon public anti-communiste. « Mes frères », n’en parlons pas ; « les copains », ça fait un peu démagodébile. « Ma couille », ça n’a pas de sens et c’est grossier ; « vieille branche », c’est méprisant. « Mes amours », ça fait show-biz, « chers clients » c’est vilain……
Alors je m’en tiens à « chers amis » ; et ce que je voulais vous dire est simple. Sur cette page, je m’efforcerai d’écrire chaque mois des petites réflexions aussi passionnantes que celle-ci. Bien entendu, je ne me vexerai pas si vous refusez d’y jeter un œil. Comme vous êtes mes chers amis, j’essaie d’entretenir le lien, de garder le contact.
J’y parlerai certaines fois de tout et d’autres, de n’importe quoi.
Pour exemple, cette petite contribution au débat constitutionnel sur le plan européen.

- Parce que je suis allergique, que j’ai peur des acariens autant que des acariâtres politiciens qui méprisent les sensibles ;
- Parce que je suis claustrophobe, que j’ai peur des ascenseurs autant que des frontières barbelées et des murs qui se dressent ;
- Parce que j’ai besoin de bien m’échauffer, de faire parler mes articulations dans un micro en scène, ou dans un qui grésille et sature dans la rue avec les autres ;
- Parce que je m’enrhumanité, comme mes frères intermittents, précaires, chômeurs, enseignants, infirmiers, syndicalistes….

J’ai besoin d’une bonne CONSTITUTION !
Alors je me traite au collectif, au social et au démocratique.
Trois fois par jour, à chaque repas, une petite dose d’anti-capitalisme dans une cuillère à thé ; avant de le servir aux amis et de se dire que cette fois, ils nous auront pas !