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livre-disque jeune public & spectacle en tournée

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- Avril 2005
- Naissance du deuxième album

Écrit d’Automne : Couvre feu, feux follets, lait de vache, vache de ferme, ferme ta gueule…

Qu’est-ce que c’est contraignant en réalité cette histoire « d’un écrit par mois » ! J’ai été bien inspiré tiens, le jour où j’ai trouvé ce jeu de mots en carton ; je n’avais pas bien conscience encore de la charge de travail que cela allait représenter.
En tout cas, en novembre, je montre le bout de mon nez mais attention, pas entre 22 heures et 6 heures du matin ; et oui, c’est couvre-feu ! Ils ont ressorti les vieilles lois poussiéreuses de la guerre d’Algérie ; y a même des députés qui proposent de déchoir certains jeunes de leur nationalité française. Ils deviendraient quoi alors tonton ? Des apatrides ? Des êtres humains de base sans adresse ? Et puis ça les changeraient peut-être d’être déclassés ?
Dans nos quartiers, le sentiment de déclassement accompagne les destins de gens depuis l’enfance. J’entends des analystes aujourd’hui qui semblent se poser pour la première fois des questions fondamentales qui expliqueraient la violence exprimée par des groupes de jeunes. Personne ne naît violent et destructeur. Nous assistons à un juste retour de bâton et nous devrions nous demander plutôt comment ces quartiers ont tenu si longtemps sans s’enflammer. Malgré la violence sociale, la violence économique et toutes les formes d’injustice qui s’abattent sur les banlieues françaises, les êtres humains ont réussi à maintenir pendant longtemps des formes de résistance et d’espoir.
Malgré cela, et après un énième « décès pour rien », une révolte désordonnée, aveugle et souvent chaotique éclate. Aussi vrai que nous partageons cette communauté de vie, il revient à tout le monde de s’interroger. Même si une grande majorité des habitants de nos quartiers condamnent les destructions de biens publics et privés, tous partagent un sentiment de mal-être et aspirent à une vraie révolution des banlieues qui passerait par une remise en question des politiques de la ville et de l’urbanisme qui ont conduit en un demi -siècle à déshumaniser des millions d’existences.
Au contraire, ce gouvernement propose encore plus de répression, plus de précarité, la disparition des crédits alloués aux associations et aux organismes de prévention, une guerre déclarée aux populations immigrées, aux chômeurs, aux travailleurs déjà précarisés…etc.
Avec ce genre de dispositions, on organise dès aujourd’hui la misère et les révoltes qui l’accompagneront pour encore longtemps. On a bien affaire à des « pompiers incendiaires » profondément irresponsables et cyniques.
J’entendais cette semaine à la télévision ce gros c.. d’Eric Raoult député maire UMP du Raincy déclarer avec sa démagogie et sa grossièreté naturelles, les yeux face à la caméra : « La banlieue, aimez-la, ne la brûlez pas ! ». Que ce genre de mecs commencent par appliquer la loi dans leurs villes et construisent des logements sociaux dignes pour accueillir les pauvres des ghettos asphyxiés ; au lieu de cela, ils préfèrent payer des amendes pour flatter un électorat raciste et nanti.
C’est le parfait moment de mettre en accusation tous ces bandits, ces voyous, ces racailles de la République ! Oui, monsieur Sarkosy, il faut nous en débarrasser ! Ce n’est pourtant pas sur vous que nous comptons ; d’ailleurs vous partirez avec le premier contingent………, je sais pas par exemple, en Sibérie tiens, en camp de travail ! Ah ah ah ah ah !