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Biographie de Thomas Pitiot

Thomas Pitiot, 42 ans. Le bonhomme a toujours un pied en Seine-Saint-Denis, cette banlieue nord où il a grandi et qui lui a ouvert une bonne partie de ses fenêtres sur le monde.

Parallèlement à une scolarité qui débouche sur une licence de Sciences politiques à l’université de Saint-Denis, Thomas se frotte à différentes disciplines artistiques. En marge des institutions académiques et des conservatoires, plutôt les deux pieds dans l’associatif, il taquine le piano, la guitare, la batterie, le chant ; à 14 ans, il fait ses premières scènes rock, puis funk, reggae, rap, chanson.

Thomas ne cloisonne rien, c’est un casseur de frontières.

Il fait le lien avec le théâtre (compagnie Étincelles qu’il intègre à 15 ans pour ne plus la quitter) et s’essaie tour à tour à la comédie, l’écriture et la mise en scène, avec deux pièces importantes, La P... de sa mère ainsi que La Noce de Holtère le Nico. Il jette un œil du côté du cinéma avec plusieurs premiers rôles et la réalisation de Sofiane et Vanessa, court-métrage primé au festival ciné-vidéo de Seine-Saint-Denis.

Il brode à sa manière un tissu associatif local : animation, aide aux devoirs, fêtes de quartier, militantisme avec chaque fois des passerelles vers la musique.

En 2001, avec trois amis, il crée T’Inquiète Productions et c’est le véritable lancement de sa carrière « chanson ».

En 2002, tout s’accélère avec son premier album, Le Tramway du Bonheur, reçu très chaleureusement par le public et les professionnels. Depuis, plusieurs centaines de concerts lui ont permis de faire sa place dans l’univers de la nouvelle scène chanson française en imprimant une singularité bien vivante. Au cours de ses tournées, Thomas conquiert un public toujours plus large et divers. Autant de formules que de lieux, en plein air, en salle, en duo ou avec toute sa formation.

Photo : c@ctus/assisdebout.fr

En 2004, il sort un petit disque au tirage limité Le Baron Perché, fable acerbe qui met en scène un certain Ernest-Antoine et accompagne les mobilisations intermittentes du moment.

Parallèlement, il poursuit ses activités sur d’autres fronts : résidences, voyages, ateliers d’écriture, créations originales avec des musiciens d’Afrique de l’ouest, en multipliant les voyages notamment au Mali et au Sénégal.

En 2005, il sort son deuxième album La Terre à Toto, grand frère du Tramway du bonheur, qui rencontre un accueil aussi chaleureux. Deux années de concerts contribueront à élargir sa famille, dans l’acception africaine du mot. Les griots et les saltimbanques du monde entier ont un sang commun qui coule dans leurs veines. De nombreuses invitations sur scène avec Loïc Lantoine, Agnès Bihl, Toma Sidibé, Nicolas Bacchus, Batlik, Laurent Madiot, etc., cousins et cousines d’écriture et d’engagement.

En 2007, il crée avec d’autres amoureux de la chanson le Festival Aubercail, le festival des mots dits, qui enchaîne depuis des éditions étonnantes en installant de façon durable un précieux rendez-vous de la chanson aux printemps d’Aubervilliers.

C’est également en 2OO7 que Thomas intègre le projet collectif d’Hommage à François Béranger, aux côtés de Michel Bühler, Jofroi, Marie Tout Court, Didier Ithursarry, Marquito Benabou et Lalo Zanelli. le spectacle Laissez-vous Béranger tournera jusqu’en 2008, pour le plus grand bonheur des amoureux du grand François.

Début 2008, c’est la sortie de Griot, troisième album de Thomas. C’est certainement celui qui est le plus marqué par son expérience africaine, celui qui revendique encore davantage ce lien précieux. Pour autant, la chanson reste la forme privilégiée. Il martèle alors cette appellation « chanson française du monde », en réponse à l’injonction des décideurs de rentrer dans des cases. L’académie Charles Cros lui décerne un coup de cœur à cette occasion. Un an et demi de concerts avec un orchestre étoffé constitué de ses camarades des premiers jours et quelques autres rencontrés depuis. On retiendra notamment une soirée exceptionnelle à La Cigale en février 2009. Cette tournée sera l’occasion d’enregistrer un album en public comprenant également un DVD. Ce coffret reflétant la chaleur et la générosité de ce collectif en scène s’intitule tout simplement Thomas Pitiot Aubercail. Il sort au printemps 2010.

Durant ces dernières années, Thomas poursuit et étend son champ d’intervention musical et n’hésite pas à jouer dans des lieux aussi divers que les prisons, les hôpitaux, les écoles, les maisons, les lieux d’occupation en période de luttes sociales ; ces concerts parfois informels méritent une attention et un investissement qu’il affectionne toujours autant. Il revendique son besoin d’une chanson tout-terrain.

De plus en plus, Thomas écrit et compose pour d’autres, en privilégiant la relation amicale et familiale. C’est des paroles ou des musiques qui seront reprises par Francesca Solleville, Nicolas Bacchus, Gérard Pitiot, Toma Sidibé, Hervé Akrich, Marie Tout Court, Julie Rousseau, avec parfois des duos enregistrés sur les albums de ces différents artistes.

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En décembre 2009, Thomas largue les amarres pour un voyage de six mois en itinérance et en solitaire, qui le fera traverser la France, l’Espagne, le Maroc, le Sénégal, le Mali, jusqu’au Burkina Faso. Voyage personnel, voyage au-delà des habitudes et des repères, voyage de transition aussi. Parenthèse dans une vie remplie de nombreux projets collectifs et artistiques depuis presque 20 ans.

Fin 2010, c’est l’heure des nouveaux chantiers de créations. À présent, Thomas travaillera dans le cadre de l’association familiale « L’Océan Nomade », structure qu’il renouvelle afin de créer les conditions d’une totale liberté pour les années à venir.

C’est avec joie qu’il concrétise une collaboration amicale et musicale avec Batlik, chanteur avec qui les passerelles ont toujours semblé naturelles. Un album commun est enregistré en décembre 2010, La place de l’autre avec une tournée en duo s’étalant de janvier à juillet 2011. Cette formule légère très acoustique leur permet des représentations dans des lieux très divers et souvent improbables.

Fin 2011, Thomas se lance dans un projet familial d’envergure, une aventure généa-logique ! Le double album avec son père, Gérard Pitiot, est enregistré en octobre-novembre 2012. Tous deux s’accordent pour le choix des chansons ainsi que pour l’univers musical, carburant de ce nouvel opus, Transports Pitiot Père et Fils. En mars 2013, la sortie de ce disque familial s’accompagne d’une nouvelle tournée. Ils présentent ce nouveau spectacle à l’Européen. Ces transports Pitiot se promèneront jusqu’en décembre 2014 et Gérard rejoindra Thomas sur scène dans bien des occasions.

En mai 2014, Thomas est à l’initiative d’un spectacle collectif autour de l’œuvre de Jean Ferrat avec onze autres chanteurs (Wally, Zora, Imbert Imbert, Claudine Pennont, Michel Bühler, Jules, Nicolas Bacchus, Valéria Altaver, Tedji, Julie Rousseau et Jérémie Bossone) et quatre musiciens (Viviane Arnoux, Michel Kanuty, Yvan Descamps, Franck La Rocca). Ce spectacle intergénérationnel aux esthétiques mêlées sera l’occasion de quelques rendez-vous exceptionnels qui enchanteront les amoureux de Ferrat ainsi que les néophytes.

Le chanteur Pierre Vassiliu, casseur de frontières à la carrière très originale décède à l’été 2014 et Thomas décide aussitôt de rendre un hommage appuyé à cet homme dont les chansons l’accompagnent depuis l’enfance. Cette fois, difficile de partager la scène avec d’autres interprètes, car le lien avec l’œuvre de Vassiliu est si intime que Thomas désire s’y consacrer entièrement. Il réunit sa famille de musiciens, celle avec qui tout est partage, joie et groove ! On retrouve Yvan Descamps (batterie), Michel Kanuty (piano), Franck La Rocca (basse), Bruno Wilhelm (saxophone), Yannick Kerzanet (Guitare), Nicolas Bruche (trompette). La chanteuse-choriste Samantha Lavital gratifiera l’équipe de son talent et de son explosive présence scénique ! Ce spectacle est présenté en mai 2015 au festival Aubercail et une douzaine de représentations vont avoir lieu dans un certain nombre de festivals de chanson ainsi qu’une soirée exceptionnelle au Divan du Monde à Paris en janvier 2016.

Dans le même temps, Thomas travaille sur un album et un concert jeune public qui voient le jour à l’hiver 2016. Le spectacle "Allez jouer dehors !" est créé au Théâtre Paul Eluard à Stains (93) et est présenté au public et aux professionnels à l’été 2016 au festival d’Avignon, en partenariat avec la ligue de l’enseignement. Sur scène, il est accompagné par Michel Kanuty aux claviers et Yvan Descamps à la batterie qui n’hésitent pas pour l’occasion à endosser des modestes habits de comédien. Vincent Thermidor, qui a aussi enregistré l’album, est aux manettes sonores pour cette nouvelle tournée. Ce spectacle rencontre un accueil très chaleureux et Thomas, après ses jeunes années d’animation et de nombreux ateliers d’écriture notamment dans des cadres scolaires, finalise enfin un projet jeune public qui lui tenait à coeur depuis longtemps. Une cinquantaine de représentations ont lieu pour la saison 2016-2017 et la saison 2017-2018 s’annonce également florissante.

Thomas continue également les concerts en solo, duo ou avec toute la formation, en fonction des invitations qui lui sont adressées.